samedi, 23 juin 2007

Petit paradoxe en solitaire

Cliquer pour agrandir J’ai longtemps recherché cette liberté absolue qui m’aurait permis de n’avoir de compte à rendre à personne d’autre qu’à moi. Une sorte de « je fais ce que je veux, quand je veux ». Une perpétuelle quête d’indépendance, presque exagérée, qui au fond révélait plutôt la peur panique d’admettre qu’un jour quelque chose ou quelqu’un pourrait m’être indispensable.
 
Etre amoureux est-ce pour autant être ultra dépendant de l’autre ? On a souvent cette vision cliché de l’amour fusionnel où chacun ne vit plus qu’au travers de l’autre et se retrouve finalement incapable de vivre sa propre vie.
 
Mais on est aussi souvent persuadé qu’il est possible de contrôler nos sentiments, que notre esprit et notre volonté réunis sont des guerriers redoutables qui permettent de les refréner. Cette idée devient alors notre moteur, qui nous permet d’éviter de tomber dans le piège de cet amour fusionnel qui nous attire si peu.
Oui mais voilà, un jour on tombe amoureux, ô combien malgré nous et toutes nos certitudes s’envolent en l’espace de quelques instants. Et lorsque loin de toute idylle, cela se solde par un échec, on aurait alors préféré que nos convictions ne nous quittent jamais.
 
Il faut bien se dire que rien n’est éternel, cette situation d’interdépendance pouvant alors disparaître et c’est précisément là qu’est la source de toutes mes craintes. La peur de souffrir semble plus forte que tout, certains jours. Risquer de se retrouver blessé à nouveau parce qu’on aura joué avec mon petit cœur, parce que j’aurai vu de l’espoir là où il n’y en avait pas, parce que les circonstances ont fait que… Le jeu en vaut-il la chandelle ?
 
Sûrement, oui, au fond de moi je n’ai pas envie de passer à côté de toutes ces choses magnifiques que peuvent apporter une vraie relation seulement parce que j’ai la frousse et par désir de liberté.
 
Et plus le temps passe, plus je pense qu’il est probable qu’Edgar Morin ait raison, la vraie liberté n’est peut-être rien d’autre que le choix des ses dépendances. Dois-je choisir d’être dépendante de l’amour pour être réellement libre ?
 
Un jour peut-être quelqu’un me permettra de répondre à cette question, je reconnais l’espérer maintenant…

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